Trois  ans après le dernier scrutin, les choses n’ont pas changées  dans la salle du conseil municipal de ville Laval. Du moins, c’est le constat que font les conseillers municipaux du parti d’opposition Parti Laval à la sortie du vote sur l’implantation du système électoral de colistier. La proposition, déposée le mois dernier par le conseiller municipal de Souvenir-Labelle, Jean Coupal, a été battue devant le vote en bloc de tous les conseillers du Mouvement Lavallois-Équipe Marc Demers.

Présent dans les municipalités de Québec et Montréal, le système de colistier permet à un candidat à la mairie, sur une base volontaire, de se doter d’un colistier afin de se donner une chance supplémentaire de siéger au conseil municipal malgré une défaite au poste de maire.

Pour la démocratie municipale

Pour le conseiller municipal de Fabreville, Michel Trottier, le principe de colistier est garant d’une saine représentativité et va de pair avec les valeurs démocratiques défendues par l’administration actuelle, depuis son élection en 2013. Le refus du Mouvement Lavallois d’aller en ce sens est « déplorable pour le futur démocratique de Laval ».

Les conseillers du Parti Laval rappellent l’importance des chefs(fes) de parti sur la scène politique municipale.

« Le système de colistier n’est pas présent dans les paliers provinciaux et fédéraux car le système est complètement différent. Au municipal, les citoyens sont appelés à voter directement pour le chef, pour le maire. En tant que locomotive de leur partis, il est légitime de leur donner le droit de se prévaloir du colistier, tel que prévu par la loi et recommandé par plusieurs organismes » a expliqué M. Coupal.

Partisanerie problématique

Pour les conseillers du Parti Laval, la partisanerie présente dans le parti du maire Marc Demers devient problématique envers l’intérêt des citoyens, qui gagneraient à voir leur Conseil diversifié, des forces politiques stables et mieux organisées.

Cette année, la proposition de la création d’un comité plénier avait également été refusée d’emblée,  mettant les conseillers de l’opposition devant une impasse politique.  Face au refus de l’équipe du maire de défendre des propositions visant la transparence et la saine gestion,  les conseillers  du Parti Laval font face à  « une fermeture et une opacité décisionnelle trop bien connue à Laval ».

« Il n’est pas surprenant de voir le  maire favoriser son intérêt  politique au détriment de celui des citoyens.  Au Parti Laval, on s’engage à modifier cet aspect pour respecter le choix des citoyens et assurer une saine démocratie», a commenté M. Trottier a l’issu du vote.

Pour l’instigateur de la proposition, Jean Coupal, le refus de permettre les colistiers  démontre une image très négative de la politique lavalloise.

« La ligue d’action civique désignait le principe de colistier comme un des  meilleurs moyens pour contrer la corruption. Ils permettent la saine concurrence et une plus grande participation politique. Le gouvernement du Québec a mis sur pied une loi pour encourager les municipalités à se doter de ce système. Si le maire a refusé les colistiers, c’est parce qu’il a choisi son intérêt personnel, dans le but de maintenir l’opposition la plus démunie possible » s’est exprimé Jean Coupal.

Un article supplémentaire :  http://partilaval.com/2016/09/07/laval-pourrait-se-de-doter-de-colisiters/