Le nouveau règlement animalier de la Ville de Laval a été adopté malgré la forte opposition du Parti Laval lors de la séance du conseil de ville, hier soir. Sans égard pour la contestation citoyenne qui a suivi l’annonce du règlement, le 8 février dernier et une pétition de plus de  400 noms déposée au conseil, le maire de Laval, Marc Demers, a refusé de reporter l’adoption du règlement tel que proposé par les conseillers de l’opposition.  Le chef du Parti Laval, Michel Trottier, a livré un argumentaire pendant une heure afin de défendre des amendements recueillis par les avis reçus des citoyens.

Absence de consultation

Les conseillers du Parti Laval ont dénoncé l’annonce hâtive de ce règlement avant qu’il ne soit entériné par le conseil et l’absence citoyenne dans le comité consultatif de ce règlement. Le chef de Parti Laval, Michel Trottier, a soulevé l’absence du fournisseur de services en gestion animalière de Laval, le Berger Blanc. Il a également contesté la présence de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec sur ce comité, qui est selon lui, en « apparence de conflit d’intérêts ».

« Le nouveau règlement animalier a été annoncé en conférence de presse sans aucun respect pour la souveraineté du conseil. Par quel processus de consultation les citoyens ont-ils pu s’exprimer ? En tant qu’élu, je n’ai jamais été sollicité. Vu la situation privilégiée de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec dans le processus consultatif du règlement, nous pensons également que la Ville devra négocier des ententes pour réduire les coûts des nouvelles obligations imposées aux citoyens et pour éviter toute apparence de conflit d’intérêts », a commenté M. Trottier. 

Mesures coercitives 

Le nouveau règlement animalier obligera les propriétaires de chiens et de chats à stériliser leurs animaux et à les munir de micropuces dès janvier 2019. Le règlement interdit également la présence d’un chat sur le terrain d’un particulier sans l’avis du propriétaire. Les propriétaires de chats devront également payer annuellement une licence même si ce dernier ne quitte pas la maison. Le chef de Parti Laval, Michel Trottier, a quant à lui proposé d’abolir la mesure de micropuces en raison du nombre important de chats qui ne quittent pas l’intérieur de leur foyer. Il a également proposé d’abolir la disposition prévoyant l’interdiction de la présence des chats sur un terrain privé, plaidant l’impossibilité de faire respecter cette règle. Il a également défendu la gratuité des permis de chats afin d’inciter les propriétaires à inscrire leurs chats au registre. Ces propositions ont été refusées par le maire et les conseillers de son parti. 

« Imposer la stérilisation et le micropuçage à court terme nous apparaît précipité, irréaliste et ne permet pas d’assurer l’adhésion et l’acceptabilité sociale des citoyens aux changements demandés. Les permis pour les chats à 15$ alors qu’ils n’ont jamais existé à Laval fait office d’une nouvelle taxe alors que visiblement, la situation financière de Laval ne nous oblige en rien à exiger des frais supplémentaires aux citoyens lavallois », s’est exprimé M. Trottier.

Enjeu électoral

M. Trottier assure que le Parti Laval tiendra des consultations afin de revoir le règlement suite aux élections, le 5 novembre prochain. Selon lui, l’insatisfaction des citoyens propriétaires d’animaux nécessite des ajustements majeurs et un changement profond des méthodes de consultation citoyenne. Dans le cadre d’investissements de plus de 225 millions pour la Place Bell, 61 millions pour un Complexe aquatique et de 15 millions pour un Centre Animalier, aucune consultation n’a eu lieu.

« Il est temps que la Ville de Laval consulte réellement ses citoyens sur les enjeux qui les concernent et qu’on cesse de les convoquer à des ateliers afin de venir dessiner le Laval de leur rêve qui ne sert qu’à valider des décisions déjà prises », conclut Michel Trottier.